À propos de Mélenchon

Ci dessous un commentaire que j’ai laissé chez Reflets.info à propos de Jean-Luc Mélenchon

Quelques mots à propos de Mélenchon et du FdG (même si ce n’est pas vraiment le sujet de l’article – mais à mon tour de troller) à propos de sujets qui me tiennent à coeur, mais également de façon plus générale. Attention ça va être très long.

Méluche fait parti de la génération de trotskistes (très exactement il faisait parti des « Lambertistes » de l’OCI) à avoir rejoint le PS. Il n’est pas le seul, on peut citer également Gerard Filoche ou Lionel Jospin qui on fait de même.
Ce n’est pas une insulte d’être troskiste ou lambertiste, mais ce n’est pas anodin non plus, j’y reviendrais plus tard.

Militant socialiste à partir de 77, il sera Ministre délégué à l’Enseignement professionnel dans le gouvernement Jospin du 27 mars 2000 au 6 mai 2002.

C’est là qu’il « découvre » Diwan, école associative bretonne qui promeut l’enseignement du breton par l’immersion : l’ensemble de l’enseignement est prodigué en langue bretonne.

Cette forme d’enseignement heurte sa conception de la République Française, dite « Jacobine ». À savoir une République une et indivisible, où le pouvoir et la décision sont centralisés à Paris et où l’on érige un modèle français censé être bon pour tous et surtout élever le pauvre plouc, le pauvre indigène, vers un avenir meilleur pour lui ou ses enfants.

Petite phrase emblématique de ses rapports avec Diwan : il qualifie l’association de « Secte » lors des débat du Sénat le 13 mai 2008. Je connais Diwan et les gens de Diwan depuis presque 20 ans, ce n’est pas une secte, ce sont avant tout des enfants et des parents d’élèves qui souhaitent lutter contre une pensée unique, contre un modèle unique et qui le font dans une démarche d’ouverture. C’est à Diwan que l’on doit la revitalisation de la langue bretonne, et au final, c’est bien ça qui gêne Jean-Luc Mélenchon.

Sa position – et la plupart de ses arguments – contre la promotion et la diffusion de la langue bretonne on peut les trouver dès septembre 2007 dans cet article de son blog Il y a breton et breton.
Son discours a une thèmatique principale : le dénigrement du breton moderne, dit « unifié » ou « KLT » ou bien encore « Breton Diwan ».

Sa réthorique à laquelle je vais me permettre de répondre :

- Le breton moderne ne serait qu’une pseudo langue car il n’est pas le breton que l’on parlait traditionnellement, il ne serait donc qu’une imposture :

L’unification de l’orthographe du breton a permis de transformer une langue purement orale en langue littéraire, de fixer son écriture, de permettre sa diffusion et son enseignement. C’est ce qui a permis d’éviter sa disparition pure et simple et d’espérer une augmentation du nombre de locuteurs. Le changement de modèle sociétal en Bretagne après la première guerre mondiale (passer d’une société rurale,de côterie, composée de toutes petites exploitations à une société urbaine et industrielle) aurait pu sonner le glas de la langue bretonne comme il a sonné celui du Gallo (je reparlerai du Gallo), seule l’unification de l’orthographe a permis de sauver ce qu’il restait de la langue et de la culture (à la différence justement du Gallo).

- Le breton moderne aurait été créé à la demande des nazis, par des collabos :

C’est ce qu’on appelle communément du révisionisme. Le breton unifié est né dans la revue littéraire en langue bretonne « Gwalarn » dont le premier numéro est paru en 1925 et qui a pris ses distance du parti nationaliste breton de l’époque, Breizh Atao, dès le second numéro, en 1926.
Mélenchon fait régulièrement référence à Yann Goulet comme instigateur du KLT et collabo notoire. Goulet n’est en rien à l’origine du breton actuel. En outre, bien qu’il ait était condamné par contumace, le qualifier de collaborateur est une vision plus que simpliste et manichéène de la seconde guerre mondiale, où il n’y aurait eu que des gentils résistants et des méchants collaborateurs. C’est simpliste, manichéén et j’allais dire con. Mais jamais je n’accuserai Mélenchon de bétise. De malhonnêteté, oui.

- Le breton serait promu par des identitaires d’extrème droite :

Il s’agit là soit d’une profonde méconnaissance du mouvement breton, soit de malhonnêteté. Et comme je l’ai dit, je ne crois au manque de culture ou d’intelligence de Mélenchon. La scène politique bretonne, qu’on va qualifier pour simplifier d’autono-indépendantiste, couvre tout l’échiquier connu en France : L’extrème droite tendance FN avec Adsav, les identitaires de Ty Breizh, les centro-socialistes du Peuple Breton, les européanistes tendance EELV de l’Union Démocratique Bretonne, l’extrème gauche anti-capitaliste de Breizhistance jusqu’aux copains anarchistes. Avec, il faut le noter, une déliquescence de l’extrème droite de Ty Breizh et d’Adsav (qui n’est plus composé que d’un clown et deux neusks, et encore seulement à Saint Brieuc).

- Ces identitaires manipuleraient les « groupes folkloriques » :

Le voilà le présupposé !
La culture et la langue bretonne ne le dérange en rien tant qu’il s’agit de folklore ! Quelque chose qui appartient au passé, qui fait partie du « patrimoine culturel » de la France. Mais dès qu’il s’agit d’une culture vivante, dynamique, il y voit un danger pour l’unicité et l’indivisibilité de la France. On retrouve ce présupposé dans ces attaques constantes contre le KLT ou quand il utilise l’argument « On parle breton à Rennes alors qu’historiquement on devrait y parler Gallo » (ici par exemple). Oui, historiquement, le gallo était parlé à Rennes et pas le breton. HISTORIQUEMENT. Mais la langue et la culture bretonne n’est pas figée dans le passé, comme il le souhaiterait. Elle est en prise avec son époque, en prise avec la mondialisation, avec Internet. Elle vit.

Bon, là vous aller me dire « C’est anecdotique, on peut sacrifier les langues régionales parce que là il s’agit de bouter les capitalistes hors de France ». Ben non. C’est avant tout révélateur d’une profonde duplicité chez Méluche.
Cet homme, qu’on se plaît à qualifier d’habile orateur, n’hésite devant aucune malhonnêteté intellectuelle, aucun mensonge, quand il s’agit de défendre une thèse ou une idéologie.

Lorsque les Jospin, Filoche et Mélenchon sont entrés au PS après le congrès d’Epinay, le but était simple, pratiquer « l’entrisme » : noyeauter le PS pour le faire tirer à gauche et contrer l’influence du Parti Communiste. C’est une pratique (ça et le goût du secret) que l’on a toujours reproché aux troskistes, aussi bien chez les lambertistes de l’OCI que chez LCR (il n’y a qu’à voir les débats au sein du NPA après les dernières élections).

Son départ du PS et la création du Parti de Gauche n’a qu’un but : rassembler les « non-istes » de gauche en vue de ces élections presidentielles afin de les rallier, in-fine, à la candidature de François Hollande (ça vous rappelle pas Chevènement en 2002 ? Moi si, mais avec plus de talent).
Il s’agit d’une OPA du PS sur une gauche plus radicale avec la complicité de Parti Communiste qui lui a besoin d’une « marque » plus moderne afin d’avoir suffisamment de candidats, réunissant suffisament de voix (entre 1% et 3% des suffrages exprimés en fonction du type d’élections), dans suffisamment de circonscriptions (56 de mémoire) afin de continuer à bénéficier des financements publiques.

OK, il y a l’enjeu important de battre Sarkozy. OK le PC représente des valeurs et une histoire qu’il est important de voir survivre. Mais la méthode est à gerber. Car elle repose sur deux mensonges :

1- Faire croire qu’il n’y a et n’aura aucun accords avec le PS.
Mélenchon n’est pas Chevénement ou Taubira, il ne fera pas perdre Hollande comme ils ont fait perdre Jospin.

2- Faire croire que la révolution peut se faire dans les urnes.
C’est ça le pire : vendre du rève dans un but de manipulation. C’est du populisme, de la démagogie. C’est prendre les électeurs et surtout les militants du FdG (pour qui j’ai énormément de respect et dont je partage les valeurs et les combats) pour des CONS. Mélenchon représente ce qu’il y a de pire dans la démocratie représentative : un profond mépris pour le peuple-soit-disant-souverain que l’on peut manipuler, dont on peut instrumentaliser les luttes et les aspirations à un monde plus juste, dans l’unique but de conquérir le pouvoir.

La révolution ne se fera pas dans les urnes.
Elle se fera dans leurs burnes, à grand coups de lattes.

Voilà, bisous.

Programme du Conseil national de la Résistance

Programme du Conseil national de la Résistance

http://fr.wikisource.org/wiki/Programme_du_Conseil_national_de_la_R%C3%A9sistance

Née de la volonté ardente des Français de refuser la défaite, la Résistance n’a pas d’autre raison d’être que la lutte quotidienne sans cesse intensifiée.

Cette mission de combat ne doit pas prendre fin à la Libération. Ce n’est, en effet, qu’en regroupant toutes ses forces autour des aspirations quasi unanimes de la Nation, que la France retrouvera son équilibre moral et social et redonnera au monde l’image de sa grandeur et la preuve de son unité.

Aussi les représentants des organisations de la Résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R., délibérant en assemblée plénière le 15 mars 1944, ont-ils décidé de s’unir sur le programme suivant, qui comporte à la fois un plan d’action immédiate contre l’oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste.

I – PLAN D’ACTION IMMÉDIATE

Les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.

Expriment leur angoisse devant la destruction physique de la Nation que l’oppresseur hitlérien poursuit avec l’aide des hommes de Vichy, par le pillage, par la suppression de toute production utile aux Français, par la famine organisée, par le maintien dans les camps d’un million de prisonniers, par la déportation d’ouvriers au nombre de plusieurs centaines de milliers, par l’emprisonnement de 300.000 Français et par l’exécution des patriotes les plus valeureux, dont déjà plus de 50.000 sont tombés pour la France.

Ils proclament leur volonté de délivrer la patrie en collaborant étroitement aux opérations militaires que l’armée française et les armées alliées entreprendront sur le continent, mais aussi de hâter cette libération, d’abréger les souffrances de notre peuple, de sauver l’avenir de la France en intensifiant sans cesse et par tous les moyens la lutte contre l’envahisseur et ses agents, commencée dès 1940.

Ils adjurent les gouvernements anglais et américain de ne pas décevoir plus longtemps l’espoir et la confiance que la France, comme tous les peuples opprimés de l’Europe, a placés dans leur volonté d’abattre l’Allemagne nazie, par le déclenchement d’opérations militaires de grande envergure qui assureront, aussi vite que possible, la libération des territoires envahis et permettront ainsi aux Français qui sont sur notre sol de se joindre aux armées alliées pour l’épreuve décisive.

Ils insistent auprès du Comité Français de la Libération Nationale pour qu’il mette tout en œuvre afin d’obtenir les armes nécessaires et de les mettre à la disposition des patriotes. Ils constatent que les Français qui ont su organiser la résistance ne veulent pas et d’ailleurs ne peuvent pas se contenter d’une attitude passive dans l’attente d’une aide extérieure, mais qu’ils veulent faire la guerre, qu’ils veulent et qu’ils doivent développer leur résistance armée contre l’envahisseur et contre l’oppresseur.

Ils constatent, en outre, que la Résistance Française doit ou se battre ou disparaître ; qu’après avoir agi de façon défensive, elle a pris maintenant un caractère offensif et que seuls le développement et la généralisation de l’offensive des Français contre l’ennemi lui permettront de subsister et de vaincre.

Ils constatent enfin que la multiplication des grèves, l’ampleur des arrêts de travail le 11 Novembre qui, dans beaucoup de cas, ont été réalisés dans l’union des patrons et des ouvriers, l’échec infligé au plan de déportation des jeunes français en Allemagne, le magnifique combat que mènent tous les jours, avec l’appui des populations, dans les Alpes, dans le Massif Central, dans les Pyrénées et dans les Cévennes, les jeunes Français des maquis, avant garde de l’armée de la Libération, démontrent avec éclat que notre peuple est tout entier engagé dans la lutte et qu’il doit poursuivre et accroître cette lutte.

En conséquence, les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.

Déclarent que c’est seulement par l’organisation, l’intensification de la lutte menée par les forces armées, par les organisations constituées, par les masses, que pourra être réalisée l’union véritable de toutes les forces patriotiques pour la réalisation de la libération nationale inséparable, comme l’a dit le Général De Gaulle, de l’insurrection nationale qui, ainsi préparée, sera dirigée par le C.N.R, sous l’autorité du C.F.L.N, dès que les circonstances politiques et militaires permettront d’assurer, même au prix de lourds sacrifices, son succès.

Ils ont l’espoir que les opérations de la Libération du pays, prévues par le plan de l’état major interallié, pourront ainsi être, le cas échéant, avancées grâce à l’aide apportée par les Français dans la lutte engagée contre l’ennemi commun, ainsi que l’a démontré l’exemple glorieux des patriotes corses.

Ils affirment solennellement que la France qui, malgré l’armistice, a poursuivi sans trêve la guerre, entend plus que jamais développer la lutte pour participer à la libération et à la victoire.

Pour mobiliser les ressources immenses d’énergie du peuple français, pour les diriger vers l’action salvatrice dans l’union de toutes les volontés, le C.N.R décide :

D’inviter les responsables des organisations déjà existantes à former des comités de villes et de villages, d’entreprises, par la coordination des formations qui existent actuellement, par la formation de comités là où rien n’existe encore et à enrôler les patriotes non organisés.

Tous ces comités seront placés sous la direction des comités départementaux de la libération (C.D.L). Ils seront soumis à l’autorité des C.D.L qui leur transmettront, comme directives, la plate-forme d’action et la ligne politique déterminée par le C.N.R.

Le but des ces comités sera, à l’échelon communal, local et d’entreprise, de faire participer de façon effective tous les Français à la lutte contre l’ennemi et contre ses agents de Vichy, aussi bien par la solidarité et l’assistance active à l’égard des patriotes sous l’impulsion et le soutien donnés aux revendications vitales de notre peuple. Par dessus tout, leur tâche essentielle sera de mobiliser et d’entraîner les Français qu’ils auront su grouper à l’action armée pour la Libération.

Ces comités devront, selon les circonstances et en se conformant aux instructions données par les C.D.L, appuyer et guider toutes les actions menées par les Français contre toutes les formes d’oppression et d’exploitation imposées par l’ennemi, de l’extérieur et de l’intérieur.

Ces comités devront :

1) Développer la lutte contre la déportation et aider les réfractaires à se cacher, à se nourrir, à se vêtir et à se défendre, enlevant ainsi des forces à l’ennemi et augmentant le potentiel humain de la résistance ;

2) Traquer et punir les agents de la Gestapo et de la Milice de DARNAND ainsi que les mouchards et les traîtres ;

3) Développer l’esprit de lutte effective en vue de la répression des nazis et des fascistes français ;

4) Développer, d’une part, la solidarité envers les emprisonnés et déportés ; d’autre part, la solidarité envers les familles de toutes les victimes de la terreur hitlérienne et vichyssoise ;

5) En accord avec les organisations syndicales résistantes, combattre pour la vie et la santé des Français pour une lutte quotidienne et incessante, par des pétitions, des manifestations et des grèves, afin d’obtenir l’augmentation des salaires et traitements, bloqués par Vichy et les Allemands, et des rations alimentaires et attributions de produits de première qualité, réduites par la réglementation de Vichy et les réquisitions de l’ennemi, de façon à rendre à la population un minimum de vital en matière d’alimentation, de chauffage et d’habillement ;

6) Défendre les conditions de vie des anciens combattants, des prisonniers, des femmes de prisonniers, en organisant la lutte pour toutes les revendications particulières ;

7) Mener la lutte contre les réquisitions de produits agricoles, de matières premières et d’installations industrielles pour le compte de l’ennemi ; saboter et paralyser la production destinée à l’ennemi et ses transports par routes, par fer et par eau ;

8) Défendre à l’intérieur de la corporation agricole les producteurs contre les prélèvements excessifs, contre les taxes insuffisantes, et lutter pour le remplacement des syndicats à la solde de Vichy et de l’Allemagne par des paysans dévoués à la cause de la paysannerie française.

Tout en luttant de cette façon et grâce à l’appui de solidarité et de combativité que développe cette lutte, les comités de villes, de villages et d’entreprises devront en outre :

a) Renforcer les organisations armées des Forces Françaises de l’Intérieur par l’accroissement des groupes de patriotes : groupes francs, francs-tireurs et partisans, recrutés en particulier parmi les réfractaires ;

b) En accord avec les états majors nationaux, régionaux et départementaux des F.F.I, organiser des milices patriotiques dans les villes, les campagnes et les entreprises, dont l’encadrement sera facilité par des ingénieurs, techniciens, instituteurs, fonctionnaires et cadres de réserve, et qui sont destinés à défendre l’ordre public, la vie et les biens des Français contre la terreur et la provocation, assurer et maintenir l’établissement effectif de l’autorité des Comités départementaux de la Libération sur tout ce qui aura été ou sera créé dans ce domaine pour le strict rattachement aux F.F.I dont l’autorité et la discipline doivent être respectées par tous.

Pour assurer la pleine efficacité des mesures énoncées ci-dessus, le C.N.R prescrit de l’état major national des Forces Françaises de l’Intérieur, tout en préparant minutieusement la coopération avec les Alliés en cas de débarquement, doit :

1) Donner ordre à toutes les formations des F.F.I de combattre dès maintenant l’ennemi en harcelant ses troupes, en paralysant ses transports, ses communications et ses productions de guerre, en capturant ses dépôts d’armes et de munitions afin d’en pourvoir les patriotes encore désarmés ;

2) Faire distribuer les dépôts d’armes encore inutilisés aux formations jugées par lui les plus aptes à se battre utilement dès à présent et dans l’avenir immédiat ;

3) Organiser de façon rationnelle la lutte suivant un plan établi avec les autorités compétentes à l’échelon régional, départemental ou local, pour obtenir le maximum d’efficacité ;

4) Coordonner l’action militaire avec l’action de résistance de la masse de la nation en proposant pour but aux organisations régionales paramilitaires d’appuyer et de protéger les manifestations patriotiques, les mouvements revendicatifs des femmes de prisonniers, des paysans et des ouvriers contre la police hitlérienne, d’empêcher les réquisitions de vivres et d’installations industrielles, les rafles organisées contre les réfractaires et les ouvriers en grève et défendre la vie et la liberté de tous les Français contre la barbare oppression de l’occupant provisoire.

Ainsi, par l’application des décisions du présent programme d’action commune, se fera, dans l’action, l’union étroite de tous les patriotes, sans distinction d’opinions politiques, philosophiques ou religieuses. Ainsi se constituera dans la lutte une armée expérimentée, rompue au combat, dirigée par des cadres éprouvés devant le danger, une armée capable de jouer son rôle lorsque les conditions de l’insurrection nationale seront réalisées, armée qui élargira progressivement ses objectifs et son armement.

Ainsi, par l’effort et les sacrifices de tous, sera avancée l’heure de la libération du territoire national ; ainsi la vie de milliers de Français pourra être sauvée et d’immenses richesses pourront être préservées.

Ainsi dans le combat se forgera une France plus pure et plus forte capable d’entreprendre au lendemain de la libération la plus grande œuvre de reconstruction et de rénovation de la patrie.

II – MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE

Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce but qui est la libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la libération :

1) Afin d’établir le gouvernement provisoire de la République formé par le Général de Gaulle pour défendre l’indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;

2) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l’éviction dans le domaine de l’administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l’ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;

3) Afin d’exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l’établissement d’un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d’occupation ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l’armistice par les gouvernements de l’axe et par leurs ressortissants, dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable ;

4) Afin d’assurer :

l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;

la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;

la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères ;

la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;

l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;

le respect de la personne humaine ;

l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;

5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :

a) Sur le plan économique :

l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;

une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des Etats fascistes ;

l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;

le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;

le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ;

le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.

b) Sur le plan social :

le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ;

un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;

la garantie du pouvoir d’achat national pour une politique tendant à une stabilité de la monnaie ;

la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;

un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;

la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;

l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de l’industrie, par un système d’assurance conte les calamités agricoles, par l’établissement d’un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ;

une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;

le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.

c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.

d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.

Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation.

Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale.

L’union des représentants de la Résistance pour l’action dans le présent et dans l’avenir, dans l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourrait freiner leur action et ne servir que l’ennemi.

En avant donc, dans l’union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N et de son président le général De Gaulle !

En avant pour le combat, en avant pour la victoire afin que VIVE LA FRANCE !

LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE
WE DO NOT FORGET
WE DO NOT FORGIVE
EXPECT US

Dibab Diwan

Ce documentaire réalisé par Jean-Charles Huitorel et diffusé sur France 3 Bretagne parle de l’enseignement de la langue bretonne, mais aussi du Breton en tant que vecteur d’intégration.

Dibab Diwan, on peut le traduire par « choisir son germe », ou dans un style moins littéral « choisir ses racines ». Mais cette traduction pose problème, car le fait de choisir implique un renoncement, ce qui n’est pas le cas dans les écoles Diwan. On ne renie pas ses racines peuls, malgaches, guadeloupéennes ou françaises : l’identité ne se construit pas par soustraction, mais toujours par multiplication, car le tout est supérieur à la somme des parties.

Perak lakaat e vugale en ur skol Diwan ? Setu pezh eo aet da c’houlenn Jean-Charles Huitorel digant kerent un nebeut bugale enskrivet e skol Diwan Naoned. Ar gerent-mañ n’int ket dre ret brezhonegerien, na genidik eus Breizh. Evit gwir e teuont eus ar bed a-bezh : Izelvroioù, Madagascar, Enez ar Reunion, ar Gwadeloup… Displegiñ a reont, e galleg kement hag e brezhoneg, perak o deus graet an dibab-se evit o bugale hag o familh.

Ur film fromus, kaer ha plijus da welout savet gant Jean-Charles Huitorel, skoazellet gant Mona Jaouen.

Pourquoi mettre ses enfants dans une école Diwan ? C’est la question que Jean-Charles Huitorel est allé poser aux parents des quelques enfants inscrits à l’école Diwan de Nantes. Ils ne sont pas nécessairement brittophones ou nés en Bretagne, mais ils viennent du monde entier : Pays-Bas, Madagascar, Île la Reunion, Guadeloupe… Ils nous expliquent, en français autant qu’en breton, pourquoi ils ont fait ce choix pour leurs enfants et pour leur famille.

Un beau film, émouvant et agréable, réalisé par Jean-Charles Huitorel, assisté de Mona Jaouen.

VoX : Magazine libre et gratuit SUR Anonymous

Ohai, anons !
Nous tenons aujourd’hui à souhaiter la bienvenue sur les Internetz au magazine VoX, Magazine libre et gratuit SUR Anonymous.

Nous saluons votre démarche DIY, votre ouverture d’esprit et votre prise de responsabilité.

Si vous avez besoin de traductions ou de tutos, nous sommes à votre entière disposition.

Par ailleurs, nous avons au fil des mois développé un réseau de journalistes, essayistes, artistes, politiques et autres libres-penseurs. C’est également avec plaisir que nous le partageons avec vous.

May the lulz be with you, broz.
Bisous

#op31M | Dans nos Langues, dans nos Internets

Le 31 mars prochain aura lieu partout en France une grande journée festive de lutte pour la défense des langues minoritaires et régionales.

En Alsace, en Bretagne, en Catalogne, en Corse, en Occitanie ou au Pays Basque, les organisations culturelles appellent à une journée interrégionale d’action le samedi 31 mars 2012 pour obtenir un statut officiel et une véritable politique en faveur des langues régionales de France.

Internet n’est pas en reste. Les initiatives pour faire vivre nos langues sur le réseau sont nombreuses et variées : Firefox, LibreOffice, Facebook, Twitter, Wikipedia, Apertium… les projets et réalisations sont de plus en plus nombreux, de plus en plus ambitieux.

C’est pourquoi les clusters hacktivistes WeTransl8 et Pokapok.Net sont heureux de vous annoncer le lancement d’#op31M.

Au cours des deux prochaines semaines, nous allons tenter de faire entendre les voix de France, dans leur langues maternelles, sur les Internets. Expect us*.

* oui parce que bon, on à le droit aux anglicismes aussi.

Nous sommes autonomes. Nous sommes légion. Bisous.

Ohai, we come in peace !

I & I avons récemment appris que les Anonymous Français étaient « apolitiques ». Ah. Genre #opLyonPropre est l’oeuvre de faux anons. Parce que « nous », on est apolitiques, on a un attaché de presse, et on a une légitimité. Genre dans notre discours, y a pas du tout d’incohérences – et un jour on écrira un ouvrage que l’on appellera De l’usage des pronoms et des allégations bullshit.

I & I l’avons déjà dit, on DDoS pas nous. On écrit et on traduit. Et puis de de toute façon, Anonymous, c’est un golem ; tout un anon devrait avoir le droit de se positionner, d’être politisé, de prendre parti, et non de suivre point par point un argumentaire bien policé. Tout un anon devrait avoir le droit d’être antifa, terre-neuva, pédalogologue, toussa.

Anonymous, c’est un mème : tu te l’octroies et tu y incorpores une partie de toi-même. Partant de là, une interview coordonnée sur IRC avec quelques journalistes triés sur le volet, c’est juste le résultat de l’egotrip du mec qui restera célèbre pour avoir enterré le Lulz.

Donc I & I, « on » se positionne. Parce qu’à chaque fois que tu te retranches en zone neutre, une méduse meurt. Faut le savoir.

Donc affirmer qu’Anonymous est apolitique, c’est hypocrite, c’est faux, et surtout, ça ne veut rien dire. Par contre, PPTMCA, ça veut dire quelque chose.

PPTMCA : Pense Par Toi-Même, Conteste l’Autorité

(Avec du Timothy Leary dedans)

Le cyberpunk comme modèle pour le XXIème siècle

La tradition de l’individu, homme ou femme, qui pense par lui-même remonte à la nuit des temps. Notre étiquette même, Homo sapiens, ne signifie-t-elle pas que notre spécifité est précisement la connaissance ? Notre rôle est de penser, en latin computare. D’où l’on peut déduire que les divers stades qui ont précédé notre époque moderne n’étaient que des phases larvaires, préparatoires. Après la phase insectoïde de soumission au fonds génétique, la chrysalide s’est ouverte sur un être humain capable de penser par lui-même. aujourd’hui, à l’âge de l’information, sommes-nous prêts à assumer la fonction pour laquelle nous sommes faits ?

On est loin d’être prêts. Mais en s’armant de connaissances et en revendiquant les valeurs que l’on transmettra à nos enfants, on se prépare. Bon cela dit, si dans quelques années ton rejeton vient te dire qu’il veut devenir attaché de presse des Anonymous, pose-toi des question.

Ou alors fais-lui lire ce que pense Aleksander Yakovlev, membre du Politburo et « parrain de la Glasnost« , du temps de Gorbatchev.

Fondamentalement, nous parlons de gouvernement personnel. Nous arrivons à un tournant de la civilisation : les citoyens deviennent capables de se gouverner eux-même et de porter un jugement sur ceux qui possèdent la connaissance et le pouvoir. Si nous parlons de gouvernement ou de profit personnels, d’autonomie, d’auto-ceci ou d’auto-cela, ce n’est pas un hasard. Il s’agit bel et bien de décentraliser le pouvoir.

Dis-lui que ceux qui ne contestent pas l’autorité sont autant d’entraves à notre révolution, ou notre évolution, c’est toi qui vois.

Coz’ in #pédalogie we trust

Et puis PPTMCA merde, parce que les Internets et notre environnement in real life nous offrent la possibilité de nous organiser, de créer, de partager, de (se la) raconter, de reconstruire. PPTMCA, juste pour le plaisir de l’écrire – cet acronyme, c’est du Lulz en barre. (Et si après ça ton rejeton te dit qu’il veut faire une école de commerce, tu pourras toujours le renier, ou le doxer.)

Nous sommes autonomes
Nous sommes légion
Nous faisons n’importe quoi en pire pour devenir n’importe qui en mieux

La légitimité, I & I la hackons menu avec des mots, des actes, et à grand renfort de mèmes.

~:) Voilà, I & I espérons que ton chien, ta famille, ça va, et te disons à bientôt (:~